MOILYRIKALEMENT

Misère des misères, tu erres dans mon quartier comme une pucelle en chaleur. Tu erres dans les yeux de mes frères abonnés au café-misère.  Tu loges dans mon ventre comme le fœtus de mes jeunes sœurs. Tu misères en moi depuis quarante ans et je te pare d’honneur ! Misère des bas-fonds d’Avéa, des profondeurs de Rio  Je vis avec toi comme le mâle avec sa femelle. Misère de kinguélé et d’Owendo, tu enfantes dans ma douleur naïve, dans mon aile d’hirondelle. Misère des Akébés et des  ruines de Nzeng-Ayong, Je suis le rescapé d’un génocide silencieux.    

Misères d’Atong-Abé et de la veuve nationale, Regarde-moi, je ne sais même pas parler ma langue d’origine. Misère, fais de moi ton objet de moindre importance Car je suis moi-même quelque chose de peu d’existence. 

Fais de moi ton électeur car je meurs de faim. Fais de moi ton amant car je suis jeune et je bande fort. Misère, mon âme est riche de tes parfums intimes. 

Je rêve de ton opulence comme une amoureuse étourdie.  Viens, et embrasse-moi car je n’attends que ça. Moi, poète, Rempart, remède  Et faim leschozdemonkorps

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