MATRIX

Voici l’ère du prêt-à-porter, cet air de paradis prêt à penser que distille l’honorable écran télé. Viens dans mon tous emballé, dit-elle, et tu découvriras la vérité. Tu n’es que la somme de ma publicité : un extrait de ma pensé lâché dans un champ dont je fixe la réalité. Sans moi, susurre-t-elle, tu n’as point de personnalité. Prends garde ! Conserve ton canapé. Il n’existe pas de diversité en dehors du monde que j’ai crée. Prend mon air conditionné, mange mes aliments génialement modifier et tu verras, la faim même est une idée que j’ai inventé pour te combler.

Ton imaginaire, que dis-je, mon imaginaire est ton bien le plus précieux car il te préserve de faux idéaux. La réalité que je crée n’est pas orpheline, c’est elle qui t’enseigne le mieux et que dit-elle : il n’y a plus d’idéaux ! L’avenir est ce présent que je t’offre sur mon écran. Il brille de mille feux et te comblera tant que tu resteras affamé. Mais attention, la faim est une valeur essentielle qu’il ne faut pas briser avec de vieux concepts. Si tu as faim, c’est que tu existes ; et l’existence se suffit à lui-même, a par ailleurs dit quelqu’un.

Reste tel que tu es, ne change surtout pas d’horizon. Le canapé est le piédestal de l’avenir. En son sein, se déroulent ma science et ma philosophie. Quoi de mieux ? Je t’épargne l’effort et la souffrance et ne t’apporte que plaisir, jouissance et hilarité. N’est-ce pas le paradis à porter de main ? La télé, l’image, la forme, n’est-ce pas les nouveaux terrains de guerre ? Regarde, je t’évite même la mort car de chez toi, tu ne cours aucun risque. Mais allons, assez de mots, ça n’est pas bon pour ta santé. Cela est juste bon pour entretenir la trame des évènements que je fais pour toi.

Je suis si généreux que tu ne pourras me remercier, même si tu le voulais. Je suis aujourd’hui chez toi, mais sais-tu combien de temps il m’a fallu lutter pour y arriver ? Ah ! Espèce noble que l’humain, tu es dur en affaire mais avec le temps, tu finis toujours par céder. Peu importe le temps et la forme que je prends, sache que tu es mon plus beau cadeau. Ton inertie est ma plus belle victoire car en fait, elle n’est pas de l’immobilisme mais de l’évolution. Seul les malheureux disent que c’est mal, mais que savent-ils du mal ? Ils prétendent que ton cerveau vaut mieux, mais que savent-ils de ton cerveau ? Ils prétendent que NOUS sommes le mal, mais que savent-ils de nous ?

Oui, je te l’avoue, je ne suis pas seul dans cette fabrique du bonheur pour l’espère humaine. Ces fous qui croient savoir ce qui est bien pour toi, ignorent que mon emprise est tel qu’il prend plusieurs formes. Ils sont malheureux, un point c’est tout. Faut être malheureux pour se plaindre, alors ne l’écoute pas. Bois à ma table, mange mes mets et amuse-toi. Oui, amuse-toi bien.
L’évolution est dans l’immobilisme car l’immobilisme est une évolution. Ne t’embarrasse pas des états de ton esprit. Lui-même, je l’ai engendré depuis peu pour satisfaire ton besoin naturel de divaguer alors prends garde aux aliénés qui prétendent l’existence d’une autre véracité parce que Dieu même est une marque déposée dont je garde l’estampillé.

leschozdemonkorps

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